Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /Juil /2009 12:33
Lors de la présentation des nouvelles acquisitions de la collection du Fonds régional d’art contemporain Piémont à la Fondation Pistoletto, le Centre culturel français de Turin a contribué à l’organisation d’une table ronde franco-italienne afin de partager expériences et perspectives, tout en jetant les bases d’une solide collaboration transfrontalière. Hilaire Multon, directeur-adjoint du CCF en charge de la coopération culturelle, nous présente les principaux points abordés

LPJ - Le public était nombreux vendredi dernier à la Fondation Pistoletto lors de la table ronde organisée en présence de la Consule générale de France à Turin pour établir un état des lieux de la politique transfrontalière en matière d’art contemporain. D’importantes collaborations se dessinent-elles à l’horizon ?
Hilaire Multon - Cette table ronde organisée avec l’appui de la région Piémont et d’Artissima a été l’occasion de tracer les perspectives pour l’avenir dans le domaine des Fonds Régionaux d’Art Contemporain (FRAC) et de l’art contemporain lui-même bien sûr, mais également dans celui des relations culturelles et artistiques transfrontalières. Cette initiative de haut niveau nous a permis de dessiner un calendrier pour le renforcement des échanges transfrontaliers dans le domaine culturel avec deux échéances importantes : 2011 pour Turin, avec le 150e anniversaire de l’Unité italienne et 2013 pour Marseille-Provence, capitale européenne de la culture.

LPJLe sujet du débat proposé lors de cette rencontre franco-italienne tournait autour des FRAC, les Fonds Régionaux d’Art Contemporain. Pourriez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?
H.M. - Les FRAC ont été créés en France en 1983 pour répondre à une volonté politique : rapprocher le public de la création contemporaine. Avec les lois de décentralisation, toutes les régions françaises ont utilisé ces fonds pour construire des collections régionales publiques non cessibles. Cette démarche répond également à une volonté de démocratisation : il ne s’agit pas simplement d’une offre artistique, c’est aussi un parcours vers l’appropriation des œuvres contemporaines par un large public avec l’appui d’un médiateur, d’un curateur ou en relation directe avec un plasticien.

Collection FRAC Piemonte - LOTHAR HEMPEL,  Mitten im nichts (In the middle of nothing), 2004

LPJ - Où sont exposées en France les œuvres des collections des FRAC ?
H.M. - Ce sont des collections dont les œuvres se déplacent dans les régions selon la demande locale ou selon le projet de leurs directeurs. Depuis quelques années, on parle toutefois de FRAC de deuxième génération, parce que s’est affirmé le besoin d’un lieu de référence permanent. C’est le cas par exemple de Marseille, qui sera capitale européenne de la culture en 2013 et qui a confié à l’architecte japonais Kengo Kouma, la réalisation d’un lieu pour les collections du FRAC. Ce ne sera pas un lieu muséifié, mais au contraire un lieu ouvert en interaction avec la société et les autres formes de création.

LPJ - En quoi les FRAC français se différencient-ils de celui créé par la Région Piémont ?
H.M. - En Italie, le Ministère des Biens culturels ne vise pas à  mettre en œuvre une politique nationale des arts visuels. De plus, 50% de son budget, moins développé que celui de son homologue français, est consacré au patrimoine : 40% du patrimoine mondial de l’humanité classé par l’Unesco se trouve en Italie ! En Piémont, il s’agit d’une décision purement régionale, d’autre part les œuvres peuvent être cédées à terme, ce qui n’exclut pas a priori les dynamiques du marché de l’art.

Collection FRAC Piemonte - IÑAKI BONILLAS, Fotografías delineadas, 2006

LPJ - Quels sont les critères pour les achats ?
H.M. - Les œuvres exposées actuellement à la fondation Pistoletto proviennent des différentes galeries internationales présentes à Artissima. Andrea Bellini, directeur artistique de la manifestation, pilote le projet avec le soutien d’un comité d’achat international. Nous touchons là un point sensible, puisque certains opérateurs auraient volontiers tendance à défendre les artistes de leur région, tout comme en France. La question de savoir quel type d’achat privilégier a été posée lors de la table ronde, sachant que ces derniers sont extrêmement encadrés juridiquement. Dans le cas du Piémont, on observe une attention soutenue à l’égard des courants émergents, ainsi qu’un intérêt pour les œuvres relevant de questions de société actuelles telles que le développement durable ou l’urbanisme.

LPJ - Quels sont à votre avis les enjeux du FRAC Piémont ?
H.M. - Le Piémont est une région qui accueille déjà un nombre important de galeries et structures d’excellence dans le domaine de l’art contemporain : le Castello di Rivoli, les Fondations Merz et Sandretto, sans oublier la Fondation Pistoletto… Tout l’enjeu est là : savoir comment les FRAC vont travailler avec les différents acteurs présents sur l’ensemble de la Région en valorisant la création au niveau culturel, économique mais aussi en terme de développement de public. Les trois expositions qui ont eu lieu depuis 2007 sont le signe d’une volonté très claire et d’une ambition politique de la région Piémont  en faveur de la création contemporaine. Celle-ci fait figure de tête de pont en Italie dans ce domaine.  
Propos recueillis par Luisa Gerini (www.lepetitjournal.com - Turin) vendredi 10 juillet 2009

Collezione FRAC Piemonte

Du 4 juillet 2009 au 10 janvier 2010

Cittadellarte – Fondazione Pistoletto

Via Serralunga 27, Biella
vendredi 16h30 -19h30
samedi et dimanche 10h00 -19h30
mardi, mercredi, jeudi sur RdV
www.cittadellarte.it



Liens :
- Table Ronde du 3 juillet 2009 « Les FRAC transfrontaliers »
- Artissima et le Fondo Regionale Arte Contemporanea :
http://www.artissima.it
- Le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur et le futur bâtiment  
http://www.fracpaca.org/

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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 00:44
La soirée organisée autour de la traduction du Voyage en Amérique de Chateaubriand par l'éditeur Pietro Pintore et le Centre culturel français a rencontré un très grand succès : plus de 130 personnes ont pu apprécier la langue de ce diplomate-écrivain,  plus connu du public pour ses Mémoires d'Outre tombe ou ses Poèmes romantiques et épiques, à la manière d'Athala.
C'est un Chateaubriand différent qu'a pu apprécier le public du Circolo dei Lettori, observateur scrupuleux, scientifique à sa manière, parfois même ethnologue avant l'heure...La professeure Gabriella Massa, spécialiste des Inuits, formée à l'école de Tristes tropiques et de la Pensée sauvage, nous a révélé combien la fantaisie romanesque et le gout de pittoresque cédaient parfois le pas devant l'analyse clinique des tribus indiennes et de la forêt  américaine. Nous sommes parfois loin de  "Levez vous vite orages désirés".
Dans son parcours Chateaubriand reprend les canons du voyage, ceux de Montaigne dans Les Essais ("Les coches"), ceux de Voltaire dans plusieurs de ses contes, mais il construit pour de longues années le modèle-type du Voyage en Amérique, avant que le scientisme d'un Jules Verne et la fascination pour le "moderne" d'un Georges Duhamel ou d'un Céline n'inventent les nouveaux mythes littéraires liés au voyage en Amérique.
Le chant mélodieux et suave du Chateaubriand  voguant du Saint-Laurent au Mississipi n'est pas sans rappeler l'écriture d'Yves Berger sur  l'immensité américaine.
Félicitations à Ada Corneri pour cette traduction ferme et élégante, au plus près de la langue recherchée et précise de l'homme de Combourg.

Après une telle soirée, une seule envie : aller consulter les descriptions des vallées alpines et des cols des Alpes, qui servent d'écrin naturel à la ville de Turin. Vastes cirques, ouvertures sur un monde d' espérances et de désirs, invitations à d'autres voyages...tels sont les souvenirs qui me reviennent avant d'aller consulter le récit crépusculaire des Mémoires d'Outre Tombe.



Par HMulton
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 00:40

Jeudi 12 et vendredi 13 février dernier, M. Jean-Marc de La Sablière, Ambassadeur de France en Italie, s’est rendu à Turin. Un carnet de rendez-vous bien rempli, pour une visite qui tournait autour d’un thème central : la réorganisation de la présence culturelle française à Turin

)

Pour sa cinquième visite à Turin, l’emploi du temps de Monsieur Jean-Marc de La Sablière, ambassadeur de France en Italie, a été bien rempli. Entre une rencontre en petit comité avec des responsables de la Région et de l’Université autour du thème épineux de l’enseignement du français menacé par la récente réforme de l’école italienne, et une visite de l’exposition "L’héritage de Luigi Einaudi : la naissance de l’Italie républicaine et la construction de l’Europe" aux Archives, ce voyage avait un objectif bien précis : l’annonce attendue de la fermeture du Centre culturel français et de la création d’une Alliance française à Turin.
C’était dans l’air depuis quelques mois… La loi de finances 2009, votée en décembre 2008, avait en effet déjà alerté les diplomates et les membres du réseau culturel français à l’étranger. Une baisse générale des subventions y était prévue, avec notamment une réduction de 13% des fonds consacrés à la présence culturelle française au sein de l’OCDE. Pour la communauté française de Turin, peu de temps après la réduction des activités du Consulat, l’année 2009 semblait donc s'annoncer sous des auspices peu favorables. Or, cette transformation a été présentée comme un événement positif. Une nouvelle structure pour l’enseignement, une structure pour la coopération culturelle et universitaire : la division annoncée des fonctions devrait permettre un meilleur rayonnement de la France dans le Piémont.

Une structure dynamique mieux adaptée à notre époque
Lors d’une rencontre avec la presse, M. de La Sablière a insisté sur l’importance des liens qui unissent le Piémont et la France. Il a évoqué les relations étroites dans des domaines aussi variés que l’économie, la coopération transfrontalière, la coopération universitaire et la culture. C’est la force de ces liens qui rendait indispensable la mise en place d’une nouvelle structure "moderne, dynamique, capable de développer ces relations".
La transformation du Centre culturel en Alliance française est le fruit d’une réflexion menée à Paris "sur l’ensemble du dispositif culturel français en Europe. Nous sommes arrivés à la conclusion que le dispositif mis en place il y a 30-40 ans avait besoin d’être revisité parce que le monde et l’Europe ont évolué. Aujourd’hui, il faut tenir compte d’un élément très important : l’offre culturelle des villes s’est transformée. Le défi actuel est donc de pouvoir intervenir, coopérer dans les programmes de qualité des villes et des institutions." Dans ce but, un délégué culturel rattaché au consulat (M. Hilaire Multon, aujourd’hui directeur adjoint chargé de la programmation culturelle), s’occupera de la politique de coopération culturelle et universitaire.
L’Alliance française, quant à elle, sera gérée par un conseil d’administration italien, composé de membres éminents, présidé par M. Alain Elkann et sera chargée des missions suivantes : l’enseignement et la diffusion du français, mais aussi les échanges dans le domaine de la littérature et les travaux sur la langue française. M. de La Sablière a enfin tenu à souligner l’importance de cette nouvelle Alliance française "qui sera la plus grande d’Italie et qui représentera le centre et le point de référence le plus important au cœur du réseau des Alliances françaises en Italie". La nomination du nouveau directeur est attendue dans les mois qui viennent : il devra s’agir "d’une personne hautement qualifiée, très proche de la Fondation Alliance française à Paris". Ce nouveau dispositif, qui sera opérationnel dès le mois de septembre, semble d’ores et déjà jouir de l’intérêt des différents acteurs culturels de la ville et de la région.

Christine CORREALE (www.lepetitjournal.com - Turin) lundi 16 février 2009

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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 00:26
J'ai eu la chance d'assister à plusieurs prises du futur film de Mario Martone, actuel directeur artistique du teatro stabile de Turin, Noi credevamo. Récit de l'aventure de trois jeunes patriotes italiens, dans le contexte du Risorgimento, cette "Meglio Gioventu" (film de Marco Tullio Giordano commissionné par la Rai et présenté il y a quelques années au Festival de Cannes) du XIXe siècle ne pouvait qu'emporter mon adhésion et susciter mon intérêt. Dans le magnifique écrin du Circolo dei Lettori, le salon de la "belle italienne" piquante et avide de bons mots devrait emporter l'adhésion des spectateurs. Occasion de rencontrer des figurants aimant leur histoire et leur ville ; occasion également de rencontrer Renato Berta, très grand directeur de la photographie ayant travaillé avec les plus grands : Louis Malle, Resnais, Téchiné...Comprendre les cadrages, la captation de la lumière, les effets de miroir : voilà ce qu'il m'a été donné de voir et de saisir sur le vif. Occasion aussi de voir la direction précise, confiante et raffinée d'un très grand metteur en scène.
Je me réjouis donc d'avoir appuyé et aidé à la production pour trouver des figurants et acteurs de lingua madre francese. C'est une première étape avant les projets qui accompagneront les festivités de 2011, date anniversaire de la proclamation du Royaume d'Italie.
Après la réouverture du teatro Carignano le 2 février dernier, nous baignons dans les années cavouriennes...
Mais place à 'Face à Face" et à la dramaturgie contemporaine avec deux écritures incisives et fortes : celle de Valère Novarina et celle de Leslie Kaplan.

Par HMulton
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 14:52
Le projet International Design Casa qui s'est déroulé du 6 au 13 novembre dernier a été marqué par la présence d''une maison du Design français aménagée par l'APCI et le Centre culturel français de Turin, avec l'appui de Cultures France et de l'Oréal. Le public a répondu présent, il a apprécié le caractère pratique, écologique et sûr des 47 objets présentés.
Un vent de créativité et d'innovation a soufflé pendant cette semaine, avec un public nombreux et chalereux, toujours en quête d'informations et de précisions. Avec plus de 2500 visiteurs, l'objectif a été atteint. Promouvoir l'économie innovante et les entreprises qui investissent dans le design à travers une exposition ludique et pédagogique : tel était l'objectif de ce projet dérivé de l'importante exposition de l'"Observeur du Design".

La visite des délégués assistant à la conférence de haut niveau sur les politiques du design a été très profitable pour notre image. Le grand public a pris le relais samedi avec une magnifique "Nuit des arts contemporains" où se sont croisés artistes, designers, noctambules, amis de la France.

De Gainsbourg à Dalida, de M à Camille, en passant par Cassius et Saint Germain, tout le monde a apprécié la qualité de l'accueil et le caractère festif de cette maison de la France placée au coeur de la ville pour une semaine et au coeur des Turinois pour une soirée. Proposées par le groupe L'Oreal, les créations de Franco Curletto, un des maîtres de la création dans le domaine de la Coiffure, ont renforcé la qualité de notre proposition. Je crois que le projet a été fidèle à l'esprit d'accueil et d'ouverture avec lequel Tony Minitti et Andrea Tortorella accueillent leurs hotes au Pastis, véritable lieu incontournable de la "movida torinese".

Le lendemain, brunch avec plusieurs galeristes venus pour Artissima, en présence de jeunes artistes émergents de la scène turinoise (photographes, performeurs, plasticiens). Plusieurs amis de Paris avait fait le déplacement pour ce week end festif et créatif qui place Turin dans le cricuit des capitales des arts et de la création contemporaine. Je crois que certains ne n'oublieront pas et feront connaître la nouvelle réalité de Turin bien au-delà des cercles d'initiés.

J'ai pris un réel plaisir à fêter cet événement et à à offir une image créative, innovante et ludique de notre pays et de nos créateurs. Même à 80 km de la frontière, c'est une exigence qui doit sans cesse être renouvelée pourfaire rayonner notre économie et notre culture.

Place au cinéma en cette fin de mois de novembre : Torino Film Festival, avec Polanski et Melville à l'honneur; puis Sotto18Otto film Festival, où le Centre culturel  accueille l'une des figures importantes du Cinéma d'animation, Florence Miailhe.  Il sera temps après de penser à 2009....
Par HMulton
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